La gestion de l’hygiène menstruelle dans la région DIANA, à Madagascar, se heurte à une série de défis complexes qui compromettent le bien-être et la dignité des femmes et des filles. Parmi ces obstacles figurent la pauvreté généralisée, la pénurie de produits menstruels appropriés sur le marché, l’accès limité à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires adéquates, ainsi que le manque d’éducation et de dialogue sur la santé menstruelle. En outre, la persistance de croyances et de normes sociales stigmatisantes, associée à l’absence de services spécialisés et de financements dédiés, aggrave cette situation. Ces difficultés sont d’autant plus importantes en raison d’un leadership insuffisant au sein des secteurs techniques décentralisés concernés.
Les données relatives à la région DIANA dressent un tableau préoccupant de la situation de l’hygiène menstruelle. Environ 60 % de la population vit dans la précarité, rendant l’acquisition de produits menstruels inabordable pour de nombreuses femmes. En conséquence, 71 % d’entre elles recourent à des solutions non hygiéniques, telles que l’utilisation de tissus domestiques. De plus, le manque d’infrastructures adaptées et la persistance de tabous sociaux contribuent à une gestion inappropriée des menstruations, avec des répercussions directes sur la vie sociale, scolaire et professionnelle des femmes.
Face à cette situation, le Projet PAHYME, initié par l’ONG AZIMUT en partenariat avec la Direction Régionale de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène (DREAH) DIANA, et soutenu financièrement par l’Association Projets Étudiants pour la Solidarité de l’Université Grenoble-Alpes, a été lancé en 2022. Ce projet a pour objectif de répondre de manière globale aux besoins urgents en matière d’hygiène menstruelle dans la région. À travers des actions ciblées de sensibilisation, de lutte contre la précarité menstruelle et de soutien psychosocial, le projet aspire à générer un changement durable et positif au sein de la communauté.