Maryse Parent

La Compagnie Salinière de Madagascar (CSM) et l’ONG Azimut s’associent pour restaurer la mangrove de protection de la saline d’Antsahampano située à 10 km à l’ouest de la ville de Diego Suarez. Le premier objectif de cette campagne est de protéger grâce à la mangrove réhabilitée les digues de la saline. Le second objectif est de garantir la survie de la faune associée à cet écosystème et de permettre de préserver les services qu’il rend aux populations riveraines.

Il est aussi question de freiner graduellement l’exploitation illicite des ressources forestières que procure la mangrove. Dans ce but, Azimut, la CSM et la Jeune Chambre Internationale d’Antsiranana (JCI), mettront sur pied un programme pour sensibiliser les populations environnantes aux bienfaits et aux services que peut procurer une mangrove exploitée rationnellement.

L’étude de l’état actuel de la mangrove et la rédaction d’un manuel de restauration a été confié à Philippe Fabre, un stagiaire recruté par la CSM qui sera encadré par Azimut du mois d’avril au mois de juillet 2014. Philippe proposera un cadre d’évaluation des progrès enregistrés à court, moyen et long terme et formera des encadrants pour la poursuite des efforts.

Monsieur Fabre est étudiant en Master 1 Écologie et développement durable à l’Université Catholique de l’Ouest (Angers, France). Bienvenue à Diego Suarez Philippe!

La Nouvelle Aire Protégée Ambohitr’Antsingy-Montagne des Français (NAP AA MdF), est un des massifs forestiers de l’extrême nord de Madagascar. Cette aire protégée, située à 7 km à l’est de la ville de Diego Saurez, bénéficie du statut de NAP depuis 2006 selon un arrêté interministériel qui en a confié la protection au Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement (SAGE). La NAP AA MdF regorge de potentialités touristiques de par son patrimoine naturel, historique et culturel. Toutefois la pauvreté des habitants de ce coin de pays met un frein au déclenchement d’une dynamique de développement qui en préserverait les richesses naturelles et qui mettrait les paysages d’intérêt touristique à l’abri des détériorations. Des activités dévastatrices de l’environnement y prennent depuis quelque temps de l’ampleur (charbonnage, culture sur brulis, coupes illicites de bois, pillages, chasses et  cueillette…).

Le contexte sociopolitique qui s’est instauré dans le pays depuis 2009 n’a pas été favorable à la mise en œuvre d’un projet d’aménagement de circuits dans les Zones de Services Écotouristiques identifiées par l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS). Ce projet avait pour objectif de freiner la dégradation de cet écosystème forestier. Le SAGE, principal gestionnaire du site, est d’avis que faire connaître le riche patrimoine de cette NAP permettrait d’en augmenter les retombées économiques auprès des populations locales et contribuerait, couplé à d’autres actions de conservation et de sensibilisation, à réduire les pressions anthropiques observées.

Face à cette situation préoccupante, le SAGE, appuyé par l’ORTDS, la région Diana et d’autres partenaires financiers, a décidé de relancer ce projet au début de l’année 2014. Azimut a exprimé son intérêt auprès des gestionnaires de la NAP AA MdF à les appuyer dans la valorisation des potentialités touristiques du site dans un souci d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines de la zone.

Corentin Galati, stagiaire Azimut, appuiera la mise en œuvre du projet de développement écotouristique du circuit Nord de la NAP AA MdF. Il travaillera du mois d’avril au mois de juillet 2014 à appliquer le plan d’aménagement établi. Il s’assurera de l’implication des populations locales et du soutien des partenaires techniques et financiers. Il cherchera à valoriser les richesses patrimoniales de l’aire protégée tout en contribuant à la professionnalisation des communautés locales impliquées dans la gestion de ce circuit. Corentin est étudiant à l’université d’Artois (Arras, France) en Master 2, mise en valeur du patrimoine, option gestion de projets.

Marie-Michèle Greillier, professeure du Lycée d’Enseignement Général et Technologique Agricole de la Réunion (LEGTA), accompagnée de quelques-uns de ses étudiants, étaient tout récemment en visite chez Azimut pour échanger à propos du projet d’étude de ces derniers. Il s’agissait pour Madame Greillier d’une première prise de contact avec Azimut.

Leur voyage a été financé en partie par le lycée, en partie par les jeunes sans compter l’appui fourni par la région Réunion. On se proposait, dans le cadre d’un module d’initiation de jeunes étudiants du LEGTA à la gestion d’un projet professionnel de développement local, d’appuyer la commune rurale d’Antanamitarana dans un projet de développement touristique.

Le LEGTA souhaite renforcer ses liens avec la région de Diego Suarez et les associations locales, dont Azimut, pour faciliter les échanges professionnels et l’appui de ses étudiants et de son corps enseignant au développement du nord de Madagascar.

La région DIANA a adopté en 2013 une politique de développement économique de son territoire (Schéma Régional du Développement Économique) dont l’objectif premier est de contribuer à réduire le niveau de pauvreté rurale et urbaine, en développant des activités qui génèrent de l’emploi et de l’auto-emploi et qui favorisent l’insertion des jeunes dans la vie économique de la Région. Trois activités ont été retenues par la région DIANA dans une volonté de les soutenir :

– Améliorer l’adéquation formation-emploi avec l’appui de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) et la Direction Régionale de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (DRETFP);

– Adapter et renforcer l’offre de formation professionnelle des métiers de service, de création artisanale, du tourisme et des nouvelles opportunités d’emploi; et

– Développer des outils d’aide à l’insertion des jeunes dans la vie professionnelle tel que l’initiative Mission pour l’Emploi (MPE), projet lancé par l’ONG Maison de Sagesse en 2009.

L’ONG Maison de Sagesse soutient la MPE, structure favorisant l’insertion professionnelle des jeunes de 15 à 30 ans au sein de la Commune urbaine de Diego Suarez. La MPE vient en aide à la jeunesse Diégolaise souvent sortis du système scolaire, sans diplôme et sans qualifications professionnelles en l’accompagnant dans son cheminement d’entrée sur le marché de l’emploi.

Dans le cadre de ces activités, la MPE a organisé, le 20 mars 2014, la 4e édition du Markethon, journée où plus de 160 jeunes se sont mobilisés pour partir à la rencontre des principales entreprises de la ville de Diego Suarez afin de se renseigner sur les emplois disponibles et les qualifications requises par les employeurs. Cet événement a également été l’occasion de favoriser les prises de contacts entre les jeunes demandeurs d’emploi et les entreprises de la place.

Malgré un nombre conséquent de formations proposées par les centres de formation agréés du territoire, les entreprises ont des difficultés à trouver des candidats correspondant au profil qu’elles recherchent.

Les raisons expliquant l’inadéquation entre les formations proposées et les besoins des entreprises est dû à un manque de visibilité des centres de formation sur la réalité de l’activité économique de la commune urbaine de Diego Suarez. Les partenaires économiques et sociaux sont souvent peu associés au pilotage des dispositifs de formation professionnelle et technique. Ceci entraine une vision à courte-vue de l’évolution technologique et économique. En d’autres termes, on constate une absence d’anticipation de la part des partenaires économiques. Diego Suarez se retrouve ainsi, dans une situation où des secteurs porteurs sont en pénuries de main-d’œuvre tandis que d’autres sont « surinvestis ».

Le Markethon, véritable projet d’écoute, d’échange et de collecte de données sur l’emploi à Diego Suarez, devrait permettre d’améliorer la synergie entre formation – demande et offre d’emploi pour les jeunes de la commune. Étaient présent à cet évènement les partenaires de la MPE : la Région DIANA, la Commune Urbaine de Diego Suarez, le Conseil Général du Finistère, le PSI, l’entreprise Orange, la Direction Régionale de la Jeunesse et des Loisirs, la Direction Régionale de la Population et des Affaires Sociales, la Direction Régionale de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, le Service Régional de l’Emploi, la Chambre de Commerce et d’Industrie et Conseil Communal de la Jeunesse.

L’association Azimut qui était présente à la cérémonie de clôture de la journée Markethon remercie la MPE, l’ONG Maison de Sagesse, les bénévoles organisateurs et membres du jury, les entreprises partenaires ainsi que les jeunes participants pour l’organisation de cette magnifique journée.

Le charbonnage, la culture sur brulis, la coupe de bois, le pillage sélectif, la chasse et la cueillette des ressources forestières ne sont que quelques-unes des activités anthropiques qui, menées de façon excessive, agressent le patrimoine naturel de la Nouvelle Aire Protégée Ambohitr’Antsingy-Montagne des Français (NAP AA MdF), un massif forestier de l’extrême nord de Madagascar. D’après le Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement (SAGE), principal gestionnaire délégué du site, les quelque 300 charbonniers qui exploitent la forêt de la Montagne des Français menacent la biodiversité de cette aire protégée et font de ce fait échec aux services qu’elle rend aux populations environnantes (bois de chauffe et de construction, apports en eau, zones de pâturage et de culture). Cette pratique qui nuit par sa démesure à l’environnement est fille de multiples causes : pauvreté, absence de surveillance du site due au manque d’effectifs et de moyens du service régional chargé de sanctionner les fautifs, rareté des forêts à exploiter aux alentours de la ville de Diego Suarez, forte demande des citadins pour le charbon, arrivée incontrôlée de migrants du sud de la Grande île qui font fi de la coutume locale favorable à la conservation des ressources naturelles.

Les gestionnaires de la NAP peinent à trouver des solutions à la fois efficaces et adaptées aux besoins de la population. Ils sont inquiets : si rien n’est fait pour réduire de façon draconienne l’impact anthropique sur cet écosystème forestier, de nombreux bailleurs de fonds risquent en se retirant de laisser la NAP sans moyens pour intervenir.

Le reboisement de certaines zones dégradées de la NAP AA MdF a débuté ce mois de mars 2014.

Pour marquer cet évènement, se sont réunis dans le canyon d’Andavakoera de la Vallée des perroquets le vendredi 7 mars 2014, les communautés d’Andavakoera et de Betahitra, Monsieur Paulin le chef pépiniériste, des membres de l’association AVUPMA (Association pour la Valorisation et l’Usage des Plantes Médicinales à Antsiranana), le responsable du parc aventure Jungle Park, Monsieur Alban, étudiant de l’Université d’Antsiranana, les représentants du Conservatoire Botanique National de Brest (CNBN), du Conseil Général du Finistère, ceux de l’association Azimut et du SAGE.

Quatre espèces d’arbres originaires de Madagascar ont été plantées en divers endroits de la Vallée des perroquets : le Voankazo meloka (Xanthocercis madagascariensis), espèce menacée classée « vulnérable » selon l’IUCN, le Rotro (Syzygium sakalavarum), le Somontsohy (Stereospermum sp.) et le Bozy (Adansonia suarezensis) ou Baobab de Suarez, espèce menacée classée « en danger » selon l’IUCN.

D’autres espèces seront replantées d’ici la fin du mois de mars 2014 par les communautés des alentours qui se sont impliquées dans le processus de reboisement de la zone. Le financement de l’opération est assuré  par le Conseil Général du Finistère et par le CNBN.  Mlle Camille Danger, correspondante du CNBN à Madagascar, s’occupe du suivi et de l’appui technique.

L’accord signé en 2012 entre l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) et la Commune rurale d’Andranovondronina à Babaomby prévoyait d’accorder aux sites touristiques de la Mer d’Émeraude la possibilité d’une gestion communautaire. Il s’agissait d’élaborer un plan de gestion et d’aménagement durable dont les retombées puissent profiter aux deux partenaires. L’ORTDS visait la valorisation et la promotion du tourisme, tout en préservant l’environnement naturel et les valeurs socio-culturelles associées.

Depuis lors, les stagiaires et les volontaires Azimut ont appuyé l’ORTDS dans l’atteinte de ces objectifs. Simon Fournier a identifié l’avifaune ; Loïc Fasan a inventorié l’entomofaune et l’herpétofaune ; Claire Michelet s’est impliquée dans la formation des guides-transporteurs ; Laurène Laham a mis sur pied un système de gestion des déchets ; Clément Corbic a rédigé la brochure de promotion d’un circuit de tourisme solidaire sur le site.

Les données récoltées par Simon Fournier et par Loïc Fasan seront utilisées cette année par Geneviève Barbarin, volontaire Azimut. Sa mission est de créer un sentier d’interprétation visant la mise en valeur du patrimoine naturel et culturel de l’îlot Suarez. Geneviève prévoit aménager des accès sur l’îlot dans le but d’en révéler de nombreuses particularités. Cette démarche pédagogique, qui s’inscrit dans une logique de tourisme durable, vise à la fois les touristes et les communautés riveraines de la Mer d’Émeraude.

Poursuite de la professionnalisation des acteurs

La formation des guides transporteurs qui a été mise en place par les efforts conjugués de Claire Michelet et de Julda Milatianjary (animatrice ORTDS) est dispensée aujourd’hui par l’ORTDS. Résultat  2012-2013: 24 acteurs ont été formés en environnement, secourisme, techniques d’accueil et histoire de la baie de Diego Suarez. Un dossier est en cours de validation pour formaliser la fonction de guide par la Direction Régionale du Tourisme. Ce projet, qui s’inscrivait dans une démarche d’appui au développement écotouristique a permis d’améliorer les prestations offertes aux touristes qui étaient nombreux à se déclarer insatisfaits de leur visite en Mer d’Émeraude. Maryse Sahondra Parent, directrice générale d’Azimut, témoigne : « Je pense qu’aujourd’hui on peut s’entendre sur le fait que cette formation et le regroupement en association de ces acteurs a permis de valoriser la population locale et d’améliorer la structuration de l’offre touristique.»

Une île propre

Un système de gestion des déchets…durable ! Depuis sa mise en place en avril 2013, l’îlot a retrouvé un air de jeunesse. Il est débarrassé des ordures grâce aux efforts des agents d’accueil et d’entretien de l’îlot. Les guides transporteurs respectent les règles du tri. Des employés de l’ORTDS rapatrient sur Diego les déchets recyclables qu’ils remettent selon leur nature aux artisans ou aux marchands. La gestion de la taxe touristique prélevée par le gestionnaire défraie les coûts de ces opérations. Pour en savoir plus sur le suivi de ce projet, lisez l’article « Suivi du système de gestion des déchets en mer d’Émeraude »

De nouveaux outils de communication

L’excursion en Mer d’Émeraude a été valorisée fin 2013 grâce à une double page qui lui y a été consacrée dans la nouvelle brochure « Circuit de Tourisme Solidaire » de la région DIANA, réalisée par Clément Corbic et promue par l’ORTDS et l’Office Régional du Tourisme de Nosy Be. La brochure est disponible en ligne sur le site de l’ORTDS (http://www.office-tourisme-diego-suarez.com/visite-decouverte/sites-touristiques/circuits-grand-spectacle). Elle attire déjà un public averti et contribue de ce fait au développement durable de ces sites touristiques.

La directrice d’Azimut remercie stagiaires et volontaires, l’équipe de l’ORTDS, les partenaires financiers ainsi que les membres du Comité de gestion, les employés et les associations de la Mer d’Émeraude pour leur constant appui dans le développement de ce site touristique de premier rang !

France Volontaires a fêté en 2013 les 50 ans du volontariat français à l’international. Cette plateforme associative présente dans une cinquantaine de pays a profité de cet anniversaire pour mettre en évidence ses engagements, les actions de ses volontaires, ses projets, ses partenaires, et ses structures d’accueil.

Elle a dans ce but monté une exposition itinérante de photos « Regard sur l’engagement solidaire » qui retrace l’engagement, le volontariat, la solidarité, l’inter-culturalité, la découverte…. À Diego Suarez, Manon Albagnac, chargée de programme à France Volontaires et Olivia Nasewicz, chargée d’appui aux Chantiers de Solidarité Internationale, sont venues parrainer le vernissage lors de leur visite du 25 février au 3 mars 2014.

Azimut, qui accueille des stagiaires et des volontaires à Diego Suarez, a pu s’entretenir avec ces deux responsables de France Volontaires de ses expériences et de son service d’encadrement. Azimut les a remerciés de leurs précieux conseils tout en souhaitant des collaborations futures.

« France Volontaires est une plateforme associative de 47 associations de solidarité internationale et d’éducation populaire, de ministères et de collectivités locales. Elle a été créée pour favoriser le développement qualitatif et quantitatif des engagements volontaires. France Volontaires envoie et encadre également ses propres volontaires (volontaires de solidarité internationale). Présente dans près de 50 pays dans le monde, France Volontaires déploie un réseau d’Espaces Volontariats dans 25 pays. »

2e Forum sur les Aires Marines Protégées par les Communautés Locales

Diego Suarez accueillera du 9 au 11 avril 2014 le 2e Forum sur les Aires Marines Protégées par les Communautés Locales (AMPC) ou « Locally Managed Marine Areas (LMMA) ». Ce forum, organisé par Conservation International, a pour objectif d’accroitre la visibilité et de renforcer le réseau des AMPC à Madagascar.

À ce jour, 36 AMPC ont été mises sur pied à Madagascar. Ce 2e forum sera l’occasion pour les représentants des communautés locales gestionnaires et pour les organismes de soutien (ONG et autorités locales) de renforcer les liens entre les membres du réseau et de favoriser les échanges d’expérience. Tout ça dans le but de pérenniser les actions du réseau.

Azimut participera à ce forum pour mieux connaître ce mécanisme de gestion des ressources naturelles marines et côtières dont la popularité ne cesse de croître. En 2013, les AMPC couvraient 580.221 ha des zones marines et côtières de Madagascar.

http://www.lmmanetwork.org/